Bibliothèque de la Faculté libre de théologie protestante de Montpellier

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31 mai 2016

Pasteur contre pesticides / Rodolphe KOWAL

Rodolphe Kowal est pasteur dans une région viticole, le cognaçais (Charente). Le 14 février dernier, avec d’autres habitants de sa ville, il participait à la "marche blanche" de Bordeaux contre l’usage des pesticides dans l’agriculture. Nous lui avons demandé de nous expliquer les raisons de cet engagement

Je voudrais relater mon expérience de pasteur prenant une position anti-pesticides dans une Église locale où le sujet est très sensible, dans une région viticole.
Beaucoup de gens sont contre les pesticides ou cherchent à éviter les produits qui en contiennent. C’est la raison d’être de l’agriculture biologique et de tout le réseau de distribution d’aliments bio. Depuis ma jeunesse, quand j’ai quitté le foyer de mes parents, j’ai toujours consommé des produits bio, autant que possible. Ma sensibilité écologique et éthique m’a même poussé à devenir végétarien puis végane - mais ceci est un autre débat ! -. Jusqu’ici, il n’y a rien d’extraordinaire : des centaines de milliers de personnes en France vivent comme ça.
En revanche, quand le pasteur d’une Église locale en milieu rural, constituée en majorité d’exploitants agricoles, se prononce sur un élément important de leur économie, les points de vue divergents s’affrontent dans ce milieu si particulier qu’est la communauté chrétienne. En principe, la communion vécue par les membres d’une Église locale doit dépasser les opinions, les choix et les goûts des individus. L’usage veut, cependant, que ces sujets de discorde soient évités, mais on n’y arrive pas toujours. Ici, un thème estampillé comme “sociétal” est entré dans la conversation d’une assemblée chrétienne. Cela pose quelques problèmes spécifiques, qui doivent être traités théologiquement et avec l’inspiration que donne la foi et la prière. Ce débat est en cours, là où j’exerce mon ministère.

Convictions politiques et religieuses.

Le premier reproche qui vient aux oreilles du pasteur, c’est qu’il n’est pas bon d’exprimer des convictions politiques personnelles au sein de la communion. En l’occurrence, des opinions écologistes. Cette idée est assez présente dans la pensée de beaucoup de chrétiens aujourd’hui. Elle s’explique facilement par l’histoire politique de notre pays. Cependant, la prise de positions politiques de la part de tout chrétien (membre d’Église ou non, pasteur ou non), peut aussi être justifiée.
Toute personne ayant un minimum de connaissance de l’histoire contemporaine de notre pays connaît la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État. Après plus d’un siècle d’application de cette loi, l’idée générale (et un peu vague) que la religion et la politique sont séparées pour le bien de la République est très bien ancrée dans la tête de la plupart des citoyens. Pour la tranquillité de tous, on n’aborderait pas les questions politiques en Église, ni les questions religieuses en politique.
Dans une perspective plus large, il est évident que la politique et la religion sont toujours intriquées dans l’histoire, cette intrication étant un objet d’étude passionnant, aujourd’hui comme par le passé.
Du point de vue d’une Église locale en France, de nos jours, le problème est le suivant : d’un côté, en raison des grands défis que les Églises historiques doivent affronter dans une population déchristianisée, il ne faut pas diviser le peu de forces en présence à cause d’une opinion trop radicale, mais préserver à tout prix la bonne entente, la respectabilité, la tranquillité des chrétiens, de l’autre, il y a la vision d’une Église qui se positionne sur des grands thèmes de société, qui montre la vitalité de sa tradition dans l’espace public ; elle a quelque chose à dire.
Lorsque j’ai commencé mon ministère de pasteur, j’étais dans un désir de conformité avec l’Église réformée et ses membres, tels que je les percevais majoritairement. N’étant pas protestant d’origine, mais m’étant senti chaleureusement accueilli dans une Église locale où j’habitais, et disposé à prendre volontairement, positivement et avec fierté une identité de protestant. Plus tard, appelé au ministère pastoral, je me suis fondu dans le rôle du pasteur qu’une communauté classique appellerait avec confiance. J’étais plutôt lisse et je portais une parole probablement insipide en chaire. Il n’y avait aucune hypocrisie dans cet engagement, mais plutôt un désir d’adaptation. Mais cela ne définit pas la totalité de mon engagement et de mon protestantisme. J’étais et je suis resté passionné par les Écritures.

L’appel biblique et spirituel à la justice.

Dans la lecture biblique régulière et la prédication, une catégorie théologique m’a particulièrement interpellée : le prophétisme. A force de lire la Bible et de la commenter, c’est le sillon prophétique qui m’a semblé être le plus important de toute l’histoire du judaïsme et du christianisme. Je pense que la Bible ne commence pas avec “Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre” (Gn 1,1). C’est vrai formellement et, sans doute, pour dire que la foi commence dans la Lumière et avec la Parole créatrice de Dieu, mais, fondamentalement, et historiquement, elle commence plutôt avec le cri d’un prophète qui appelle Israël à la justice, et pour ne pas parler de façon abstraite et hypocrite, il faut dire que ce n’est pas un appel à la justice comme vertu morale personnelle, mais véritablement un appel à la justice lancé à tout un peuple : ce que nous appelons aujourd’hui la justice sociale. “Que l’équité coule comme de l’eau, et la justice comme un torrent intarissable ! (Am 5,24), dit le prophète Amos, dans le plus ancien livre de la Bible, au VIIIe siècle avant J-C. Les prophètes Michée et Ésaïe empruntent ce même chemin. Ils dénoncent les injustices sociales qui ont cours en Israël et Juda. L’injustice commence dans la principale activité économique de leur temps : l’agriculture. Dans toute civilisation - le fait est presque banal tant il se répète -, des paysans s’appauvrissent, ils s’endettent à cause d’intempéries ou de mauvaises récoltes. Leurs frères les dépossèdent, s’enrichissent de façon démesurée et vont même jusqu’à en faire leurs esclaves. Notre époque semble encore confirmer ce phénomène auquel aucune civilisation ne semble échapper : après tout essor économique, les inégalités sociales se développent aussi de façon vertigineuse. Le commerce et la finance s’emballent et ne sont plus en rapport avec les problèmes des gens dans leur quotidien et viennent même jusqu’à distraire l’humain de sa vocation spirituelle à vivre dans la reconnaissance, la coopération et la bienveillance avec ses contemporains.
Le prophétisme biblique culmine avec la venue de Jésus. Jésus vient en prophète à la rencontre de ses disciples et des chrétiens qui le suivent jusqu’à aujourd’hui. Les disciples, et les chrétiens qui se reconnaissent comme leurs descendants, sont appelés à participer à l’appel prophétique à la justice. Les pauvres qui sont déclarés heureux dans les Béatitudes (Cf. Lc 5,20-26) doivent s’attendre à être maltraités comme tous les vrais prophètes. Celui qui est persécuté, insulté, maltraité pour la cause juste est une personne dont les opinions sont connues, exposées publiquement, soit par des prises de position publiques ou simplement par son mode de vie ou le lieu où il se trouve. Celui qui occupe cette position est au coeur du prophétisme biblique. C’est là qu’un chrétien doit se trouver, en fonction de l’époque et du lieu dans lequel il vit. C’est là que je veux me trouver pour vivre en disciple. Voilà comment d’un chrétien conformiste et politiquement interdit, je me trouve aujourd’hui à écrire dans la page du christianisme social…
Le christianisme social se trouve historiquement dans les combats sociaux et politiques où il perçoit qu’un système, une idéologie ou un mouvement d’opinion injuste existe dans une société. Le “pesticide” est une de ces injustices, une injustice insidieuse et profondément enracinée dans notre économie.

“Pesticide”, de quoi s’agit-il ?

En disant “pesticide” on reste très imprécis. Il faudrait dire plus précisément de quoi il s’agit, qu’est-ce qui est injuste dans le système agro-industriel consommateur de produits chimiques de synthèses ? Le sujet est technique. Il implique d’être documenté. Cela est relativement facile aujourd’hui, vue la quantité d’articles de qualité, universitaires, scientifiques et grand public dont nous disposons. Depuis les années 1970, l’écologie est devenue un thème bien présent dans les médias. Cependant, durant ces décennies, l’agriculture est nettement devenue industrielle sans que la société prenne vraiment conscience des dangers de cette mutation. Les Français, et tous les Occidentaux avec eux, se sont en quelque sorte endormis à l’époque d’une agriculture traditionnelle, pauvre et économe. Ils se réveillent aujourd’hui dans un monde presque totalement industriel qui leur propose des produits transformés, abondants, chers (la proportion de cette dépense dans le budget des ménages a considérablement augmenté ces dernières années) et peu nourrissants. Pour produire en quantité et à bas coût, l’agriculture est devenue intensive, les surfaces cultivées sont souvent devenues des monocultures. Progressivement, les produits chimiques (herbicides, fongicides et insecticides) sont devenus indispensables pour qu’une culture soit productive et rentable. On fait désormais pousser des plantes à grand renfort d’intrants chimiques là où naturellement elles ne pousseraient même pas. Le système s’est mis progressivement en place. Il s’impose maintenant à tous massivement. C’est une monstruosité qui a vu le jour et qui a grandit sans qu’on s’en aperçoive, et qui fait qu’aujourd’hui des dizaines de milliers de tonnes de poisons sont déversées sur la terre, dans l’air et dans l’eau. Voilà ce qui est injuste : tout habitant de ce pays et de cette terre doit supporter cette contamination lente, progressive et insidieuse. Chacun doit accepter qu’elle se concentre dans nos corps et qu’elle y agisse de façon secrète. Cela nous est infligé sans notre avis. L’agriculture biologique ne peut l’éviter que partiellement, car les produits s’envolent, coulent et se diffusent partout. Ils sont apparemment invisibles, mais pas indécelables. Les molécules se cachent dans ce que nous mangeons, buvons et respirons. Comment savoir d’où vient un problème de digestion, un trouble neurologique, une baisse de forme, un mal de tête, une stérilité, un enfant mal formé, une maladie d’Alzheimer, de Parkinson ou un cancer ? Les résidus de pesticides que nous avalons provoquent ces choses, mais un doute vient aussitôt s’interposer. Les défenseurs des traitements chimiques pensent que les doses que reçoivent les consommateurs sont trop faibles pour être dangereuses, que la filière est bien contrôlée et que les maladies qu’ils provoqueraient existaient aussi avant leur découverte et leur utilisation courante. Cette argumentation est contredite par les études qui montrent que ces produits chimiques sont nuisibles à faible dose et que le mélange de plusieurs d’entre eux produit des effets puissants sur le corps (le fameux effet “cocktail”).

La bonne conscience et la passion technique.

Dans le milieu viticole, il y a, selon moi, deux choses qui empêchent une prise de conscience de leur dangerosité. La première, c’est la bonne conscience et la seconde, la passion technique.
Le problème de la bonne conscience, c’est le fait de ne penser la justesse de notre action que dans un environnement social et géographique étroit. Quand vous visitez le Bordelais, le Cognaçais ou la Champagne, votre première impression est de voir une belle région française, un beau terroir bien entretenu et prospère. Ces régions sont habitées par des familles qui, légitimement, veulent percevoir de bons revenus, offrir un avenir et une éducation de qualité à leurs enfants, comme pour ceux des classes moyennes des villes. Ceux qui s’appliquent à bien pratiquer ce système agro-industriel - les bons élèves -, ont cette bonne conscience. Les gouvernements successifs, le syndicat agricole majoritaire et la politique agricole européenne sont de leur côté et les montrent en exemple, surtout dans le secteur viticole, très compétitif (le commerce extérieur des vins et spiritueux est excédentaire, c’est un succès commercial français et une fierté nationale). A un certain niveau, l’agriculteur peut être invité par un grand groupe chimique, en Allemagne chez Bayer, par exemple. On lui fera visiter des locaux high-tech et aseptisés où travaillent des scientifiques en blouses blanches. Tout en le faisant rêver sur les prochaines innovations technologiques en matière d’agriculture, on lui fera passer de bons moments (un bon resto offert avec les collègues qui font la visite, notamment). Comment ne pas être grisé par cela ? Il y a un tel décalage entre lui et son grand-père qui vivotait sur quelques hectares, avec sa casquette et son mégot.
La bonne conscience n’existe pas au-delà de cet environnement social et économique restreint. Elle n’incorpore pas toute la chaîne agro-industrielle mondialisée, qui comprend aussi l’industrie chimique et les intérêts financiers qui y sont adossés. Si elle le faisait elle ne serait plus une bonne conscience. L’agriculteur aurait alors l’impression d’être un des engrenages d’une machine énorme et monstrueuse, qui écrase et broie partout sur la terre une agriculture paysanne et vivrière. Il n’aurait alors aucune fierté à être un agent de cette monstruosité. S’imaginer un monde de plus en plus pollué par des produits chimiques très puissants, dont la décomposition est parfois même plus dangereuse que la molécule d’origine et participer activement à la contamination de l’environnement, voilà de quoi donner mauvaise conscience. Beaucoup d’agriculteurs souffrent de cela. Cette culpabilité s’exprime dans la colère, le mutisme, les ruptures et les conflits qui naissent quand le débat sur les pesticides est ouvert en milieu agricole.
Quant à la passion pour les pesticides, j’en ai pris conscience récemment. C’est une passion pour la technique. J’ai souvent rencontré des agriculteurs passionnés par leur travail. Il y a bien sûr dans cette passion un amour du végétal, du terroir, des éléments ; véritable émerveillement pour la beauté de la terre. Mais il y a aussi un engouement pour les stratégies de traitement. Récemment, j’ai rencontré un agriculteur, habituellement plutôt taiseux, mais ce jour-là vraiment enthousiaste pour parler de sa lutte contre un insecte nuisible à la vigne. Il y a là comme un jeu : savoir observer l’apparition de l’insecte, trouver le produit de traitement et son procédé de diffusion avec les techniciens agricoles, créer une alerte à l’échelle de tout vignoble. Cela relève de l’exaltation que l’on ressent quand on est enfant ou adolescent et qu’on se passionne pour un jeu ou une enquête. Comment voir du mal là-dedans ?
Pour ces deux problèmes de la bonne conscience et de la passion technique, il existe des solutions simples, mais pas forcément faciles à mettre en oeuvre. Cela ne demande probablement pas moins que l’énergie d’une conversion pour les prendre.
La bonne conscience d’être un agriculteur vertueux dans le système agro-chimique associée à la mauvaise conscience, décrite plus haut, peuvent se transformer en prise de conscience : une vision d’ensemble du problème agricole et environnemental, qui généralise des pratiques individuelles respectueuses et économes à l’ensemble de la terre, en incorporant le paysans frères des pays pauvres. La prise de conscience est un appel spirituel et prophétique. Le Messie est envoyé par Dieu pour permettre aux aveugles de voir à nouveau et aux sourds d’entendre (Lc 4,18-21). La venue du Christ met en lumière les pratiques injustes de l’humanité. L’utilisation industrielle et massive de pesticides est une de ces injustices, au milieu d’une multitude d’autres, qu’aucun individu ne peut appréhender seul, mais toujours en se pensant au sein d’une communauté humaine large et guidée historiquement vers la paix.
Pour ce qui concerne la passion technique, tellement constitutive de l’esprit humain, il est possible d’envisager quelle se porte sur d’autres objets que sur les traitements chimiques. La botanique reste un domaine de la recherche dans lequel des générations de jeunes pourront s’émerveiller à l’infini. De même qu’un jour peut-être on ne tuera plus les animaux sauvages, mais que les chasseurs se convertiront en observateurs de la nature, nous pouvons facilement imaginer que le cultivateur cesse d’asperger des monocultures de pesticides, mais consacre toute son attention à l’assemblage harmonieux des plantes dans une culture tellement diversifiée qu’aucun ravageur ne pourra s’y développer massivement.

Une vision chrétienne de l’agriculture

En conclusion, je voudrais prendre position sur deux visions, l’une qu’il m’est impossible d’accepter, et l’autre que j’aimerais partager, en particulier avec mes amis agriculteurs.
Je ne peux pas partager l’idée que la science va résoudre les problèmes causés par les pesticides sur l’environnement et la santé par une surenchère de progrès et de moyens techniques et financiers. La monstruosité décrite plus haut, le système agro-industriel ne profite pas aux paysans, aux pauvres et à la terre, sauf en quelques endroits et pour quelques cultures (dont la viticulture française), où il rapporte surtout beaucoup d’argent. Il enrichit des très riches et des intermédiaires commerciaux mondialisés, mais globalement, il est un appauvrissement culturel et agricole pour tous les peuples. Il nous entraîne vers un monde toujours plus compliqué et technique, dans lequel - cela a commencé - les mêmes industriels de la pharmacie produisent les médicaments qui soignent les maladies causées par la pollution que leurs pesticides ont provoquées. C’est un enfer, une vision inacceptable et désespérante. 
En revanche, l’idée d’aller vers l’usage de moins de produits chimiques de synthèse et même d’aucun pesticide me semble être la bonne tendance. Il y a tant de nouvelles pratiques respectueuses et coopératives avec la nature à découvrir. Ceux qui sont pris actuellement dans le système agro-industriel peuvent simplement reconnaître avec humilité qu’ils ont été entraînés malgré eux dedans à la suite de leurs parents et qu’ils n’avaient pas conscience du mal causé par leurs pratiques. C’est le premier pas dans une bonne direction. Ce changement doit être accueilli avec douceur et compréhension. On ne peut pas changer tout un système de production du jour au lendemain, mais se mettre en marche est déjà une très bonne chose. Je pense sincèrement que les communautés chrétiennes sont les lieux dans lesquels cela peut être vécu, en présence de Celui qui les rassemble, les unit et les fait avancer vers un règne de paix.

 

Article tiré du "Réseau Christianisme Social", Mai 2016

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11 mai 2016

Sortie du Nouveau Testament en occitan

Les éditions Letras d’òc et la Faculté de Théologie Protestante de Montpellier
vous invitent à découvrir la récente publication du

NOVÈL TESTAMENT

Second volume de la première version intégrale de la Bible en occitan,

En présence du Père Jean ROUQUETTE, Joan Larzac en poésie,
auteur de la traduction à partir du texte original grec,
et de Elian CUVILLIER, professeur de Nouveau Testament
à l’Institut Protestant de Théologie,


Le mardi 24 mai 2016 à 18h
à la Bibliothèque de la Faculté de Théologie Protestante,
13 rue Louis Perrier, 34000 Montpellier
Tramway ligne 2 ou 4, arrêt « Nouveau Saint Roch »,
Entrée-parking : 45 av. Villeneuve d’Angoulême.

Un verre de l’amitié accompagnera
la vente-dédicace de l’ouvrage au prix de lancement de 33 euros.


La portée de cette entreprise est sans précédent : elle prend le relais de la longue suite, tant du côté catholique que protestant, de traductions de divers livres de la Bible, depuis le Moyen-âge à nos jours, de la Gascogne aux vallées vaudoises d’Italie. 

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24 mars 2016

Caricatures et théologie - Traits d'esprit, des images pour ne pas se prosterner

Du 30 mars au 16 avril 2016, une exposition à la Bibliothèque de la Faculté de théologie protestante de Montpellier sur "Caricatures et théologie"
TRAITS D'ESPRIT, Des images pour ne pas se prosterner, accompagnée de 3 conférences.

Son objectif est d'offrir au public un accès à des questions existentielles et théologiques essentielles par le moyen de l'humour. Tout, y compris les religions et les théologies peuvent être soumis à la critique, à l'humour et à la caricature.
Les religions savent-elles rire d'elles-mêmes ?
Peut-on rire du religieux, du sacré ?
Humour et religion font-ils bon ménage ?

Cette exposition de caricatures espère les mettre en dialogue avec des dessins de Charb, Bruno, Chappatte, Brito, Tignous, Mix & Remix, Molina, Sean, Serre, De Pury, Geluck, Piem... et une vidéo.

Venez Nombreux....

Photo de Bibliothèque Fac Théologie Montpellier.Photo de Bibliothèque Fac Théologie Montpellier.

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10 mars 2016

Journée d'étude en histoire moderne

Dans le cadre d'un Cycle de journées d’étude du SHMR ET DE L’IRCL (2016-2018) organisé par Paula BARROS et Chrystel BERNAT avec l’Institut de recherche sur la Renaissance, l’âge classique et les Lumières (IRCL – UMR 5186 – Université Paul-Valéry, Montpellier 3) et le Séminaire d’histoire moderne des religions (SHMR) de l’Institut protestant de théologie

Journée d'étude le vendredi 18 mars 2016 de 9h à 18h à l'Institut de recherche sur la Renaissance, l'âge classique et les  Lumières, Site Saint-Charles, rue du Professeur Henri Serre – 34080 Montpellier - Salle des colloques 2 - (Tramway L1/L4, arrêt Albert 1er)

L'attachement religieux. Exercices de la foi, engagement spirituel et résignation en Europe moderne

 

8h45 Accueil des participants

9h Introduction : Paula BARROS et Chrystel BERNAT
9h15 – 12h30 Nomination et intériorité
Présidente de séance : Laurence LUX-STERRITT (Aix-Marseille Université)
Ludovic VIALLET (Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand) : « Ce que dit le Nom de Dieu. Le monogramme
du Christ, entre dévotion, attachement religieux et symbole identitaire (XVe-XVIe siècle) »
Fulvio ACCARDI (Institut italien d’études historiques de Naples) : « “Occupations intérieures”. Pratiques de piété
et bio-dispositifs communautaires chez les religieuses de Port-Royal (1643-1665) »
Pause
Stéphane LAMOTTE (Université de Nice Sophia Antipolis) : « Les chemins de foi de Catherine Cadière : la
dimension spirituelle de l’affaire Girard-Cadière (Toulon/Aix, 1728-1731) »
Mathilde CHOLLET (Université d’Angers) : « De l’incapacité au besoin de croire, le débat intérieur d’une
châtelaine des Lumières »
Déjeuner
14h – 15h30 Dévotion, corporéité, sens
Président de séance : Christian BELIN (Université Paul-Valéry, Montpellier 3)
Christine OROBITG (Aix-Marseille Université) : « De la foi authentique à la mélancolie. Figures de la ferveur et de
l’attachement religieux en Espagne (1570-1630) : de la célébration à la méfiance et à la condamnation »
Alain LEGROS (Université François-Rabelais, Tours) : « L’attachement religieux de Montaigne : éléments
d’enquête »
Pause
16h – 17h30 Militances et piétés partisanes
Présidente de séance : Chrystel BERNAT (IPT, Faculté de Montpellier)
Noémie RECOUS (Université Jean Moulin, Lyon 3) : « Attachement personnel et engagement public en faveur du
prophétisme au XVIIIe siècle. Nicolas Fatio de Duillier, Maximilien Misson et sir Richard Bulkeley,
défenseurs de la cause des French Prophets de Londres (1707-1709) »
Xavier GILLY (Université François-Rabelais, Tours) : « Résignation militaire et renouveau de l’attachement
religieux. La sortie de la Guerre des Cévennes des protestants français, entre abandon de la violence et
rétablissement du lien à Dieu (années 1710 – années 1750) »
Discussion – Clôture de la première rencontre

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11 janvier 2016

Fonds protestant d'archives aux Archives départementales de l'Hérault

Création d'un "Fonds protestant d'archives" aux Archives départementales de l'Hérault

 

Plusieurs sollicitations récentes de particuliers, soucieux de la préservation d'archives dont ils sont en possession, ont fait naître le projet de rassembler toute la documentation privée, dormant dans les caves et les greniers, concernant l'histoire du protestantisme régional, du XVIe au XXIe siècle, afin d'éviter sa destruction.

La Bibliothèque du Protestantisme Français de la rue des Saints-Pères à Paris assure bien entenu cette fonction depuis longtemps, mais l'éloignement, les contraintes matérielles d'un transport vers la capitale et le souci de conserver les archives en région ont conduit à envisager d'autres modes de sauvegarde et d'exploration de la documentation inédite. Des dépôts ont été déja effectués dans d'autres Archives départementales. Le Centre d'Etude du Protestantisme béarnais (CEPB) en a été l'intiateur avec un dépôt du patrimoine protestant du Béarn aux Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques.

Dans les années 1980, le professeur Guy Romestan, de l'Université Paul Valéry de Montpellier avait entrepris une telle démarche de collecte et avait permis le dépôt des archives de certaines Eglises réformées aux Archives départementales de l'Hérault. Sont également conservés aux Archives les actes des synodes provinciaux des Cévennes et du Gévaudan du XVIIIe siècle et les réglements dressés par ordre du synode provincial du Bas-Languedoc (1739), ainsi que des fonds de chercheurs, des fonds de familles protestantes, des fonds professionnels.

Suggérée par Gérard Delteil (IPT) et Pierre-Yves Kirschleger (UM3), l'idée de la création d'un "Fonds protestant d'archives" a été soutenue par Gilles Vidal (IPT) puis mise en oeuvre par Chrystel Bernat, faisant de la Faculté de théologie protestante de Montpellier la cheville ouvrière de ce projet de conservation et de valorisation des sources protestantes. Les directrices des Archives départementales de l'Hérault, Mesdames Vivienne Miguet et Sylvie Desachy, ainsi que le chef du service des archives anciennes, privées et communales, M. Julien Duvaux, ont accueilli avec enthousiasme la collaboration qui était proposée, préalable à la signature d'une convention de dépôt d'archives privées entre les deux institutions.

Depuis de très nombreuses années, la bibliothèque de la Faculté de théologie reçoit régulièrement des dons d'ouvrages destinés à enrichir ses collections : cette vocation, connue et reconnue, de lieu de dépôt privilégié est désormais étendue aux archives privées. 

Les donateurs peuvent ainsi être rassurés sur la perennité de leurs archives, mais aussi sur la dimension pédagogique et scientifique du projet. Tout particulier désireux de donner ses archives signe une convention avec l'Institut protestant de théologie-Faculté de Montpellier, fixant les modalités de ce don ; un premier récolement est effectué par des étudiants intégrés à la Commission bibliothèque-archives de la Faculté de théologie et initiés à ces techniques, avec le concours de Marie-Christine Griffon et sous la responsabilité de Chrystel Berrnat, respectivement bibliothécaire et enseignant-chercheur de la Faculté de théologie ; les fonds qui demeurent propriété de l'Institut protestant de théologie-Faculté de Montpellier, sont ensuite déposés aux Archives départementales dans la sous-série réservée (217 J). Les Archives de l'Hérault prennent à leur charge les frais de transport, de conservation matérielle, de classement et d'inventaire dans les meilleurs délais.

Les archives données, constituées en dossier, sont communicables selon les règles habituelles, dans le respect de la préservation de la vie privée ; une autorisation de consultation exceptionnelle pourra bien sûr être accordée par la Faculté de théologie pour une recherche portant sur des travaux de nature historique. Les deux premiers fonds collectés dans ce nouveau cadre sont les archives des pasteurs Jacques Terme et Jean-Paul Gabus.

 

Pierre-Yves Kirschleger

(Extrait de l'article paru dans le Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, avril-mai-juin 2015)

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09 juillet 2015

Mark ALIZART, Pop théologie. Protestantisme et postmodernité, PUF, 2015

Mark Alizart est un écrivain, philosophe et commissaire d'exposition français, né à Londres, en 1975. Il participe au mouvement de la pop philosophie qui associe la philosophie à des réflexions sur la pop culture et les nouvelles technologies.

La Réforme de la Réforme

Philippe Muray l’avait écrit dans les années 80 : « Le monde est plein d’idées protestantes devenues folles ». Sous la plume de Muray, ce n’est pas un compliment. Chez Mark Alizart, en revanche, l’idée permet d’éclairer tout un pan de notre postmodernité.

Protestants et modernes ont en effet cru à leurs destins communs, et ce lien a été théorisé, sur un certain plan, par Max Weber. L’éthique du protestant qui n’a plus à se préoccuper de « faire » son salut, c’est le « devoir » (beruf) ; et le « devoir » comme style de vie, est productif  :  le travail devient une vocation et la tempérance une ascèse « intra-mondaine ». Peu de dépenses, beaucoup de labeur, ce sont les clefs de la réussite capitaliste. Mais ce sont aussi les clefs d’un « désenchantement du monde » : sous leur action, le réel devient un outil à rationaliser et la société se sécularise.

Cette impulsion enracinée dans la Réforme (le puritanisme surtout) connaît avec le temps, et en raison de son succès, un épuisement, une « pétrification ». La doctrine qui fut libératrice sur le plan spirituel, devient mécaniquement une nouvelle Loi – une « cage d’acier » – étendue à la société toute entière.

Pour Mark Alizart, les Réveils protestants des XVIIIe-XIXe – piétistes et méthodistes – ont alors correspondu à une Réforme de la Réforme, et, par leur ampleur, à une réforme de la modernité occidentale.

Ainsi , c’est grâce à eux qu’une « postmodernité » consistante est née, par quoi s’entend non pas une modernité continuée, mais une modernité régénérée, ou plutôt réformée, partant « enchantée ». » (p.17)

Le Réveil, en s’infusant dans la culture moderne, lui donne un nouvel élan, non plus fondé sur le « devoir » de la réussite matérielle, mais sur celui de la « construction » de soi (Bildung). Car le Réveil remet l’individu au centre du Salut ; voilà pourquoi naissent à cette époque les romans d’apprentissage (Bildungsroman), la sensibilité romantique du « moi », etc.

Dans cet essai qui embrasse large (théologie, sociologie, philosophie, histoire, histoire de l’art, etc…), au risque de mal étreindre, Mark Alizart réussit néanmoins une mise en perspective audacieuse et très intéressante. Du « Enjoy » de Coca-Cola, centré sur l’épanouissement individuel, aux grandes figures (et théories) de l’art contemporain, en passant par les références évangéliques desblockbusters ( La Guerre des étoiles) et des love songs, les racines protestantes de la culture pop deviennent transparentes. Jusque dans cette mentalité égotiste, où la foi n’est plus qu’un mot pour désigner la force de se réaliser soi-même.

Le Réveil et son double

L'essai est convainquant, original, entre philosophie postmoderne et érudition pop.

Mais tout cela aurait mérité un bémol.

Si, en effet, il existe une continuité sociologique entre le Réveil et la postmodernité, il existe aussi une rupture théologique qu'il eût été intéressant d'approfondir. L'auteur l'envisage un moment, sans en tirer les conséquences, quand il écrit qu'aujourd'hui "la logique protestante se perpétue désormais hors-sol, coupée de sa racine théologique".

Or il n'est pas certain qu'il existe "une logique protestante" indépendante de la foi ; le "protestantisme structurel", en tant que culture, réflexe, mentalité a tous les traits d'un mythe sociologique. Dans le cas du Réveil surtout, si l'on tient compte du fait que sa définition est d'abord théologique, on se rendra compte que la postmodernité est bien plus en rupture avec le Réveil, qu'en continuité.

Les historiens ont montré que le Réveil surgissait d'une (ré)affirmation de la Sainteté contraignante de Dieu, et de la nécessaire régénération de l'homme, qui s'obtient par la foi dans le sacrifice expiatoire de Christ. Dans les termes même du Réveil, la sanctification introduit une séparation (littéralement "consécration","mise à part") entre le croyant et la culture déchue de son siècle. Son infusion dans la culture se fait donc au détriment même de son identité spirituelle ; c'est le signe de sa mort. 

La perspective sociologique masque ce fait. Si nous somme tous devenus des protestants (piétistes ou méthodistes) qui nous ignorons, c'est qu'en réalité plus personne ne l'est vraiment. La formule est séduisante, mais elle ne fonctionne que par abus de langage. C'est pourquoi il eut été intéressant de considérer aussila postmodernité comme sortie du protestantisme "réveillé", sur le mode de saprofanation

A ce titre, il serait apparu que la postmodernité s'est aussi constituée contre le Réveil. Comme l'a montré George Bataille à propos des soeurs Brontë (La littérature et le mal), ces filles de pasteurs, la littérature - et l'art en général - a de sourdes accointances avec le Mal, la révolte, la profanation. Nombre d'auteurs, dont certains que l'auteur cite, en ont eu conscience et l'ont revendiquée. Tout en héritant d'une vision du monde revivaliste, et de son angoisse, ils ont endossé une négativité. Postmodernité et "culture pop" ne seraient rien sans la profanation des cantiques en chanson d'amour (de Ray Charles à Céline Dion). Sans les blasphèmes conscients des jeunes évangéliques devenus rock stars. Sans le détournement pervers des dogmes (André Gide et la prédestination). Sans leur contestation (Hermann Melville). Sans le parti pris de l'Antéchrist (Nietzsche). Sans l'expression complaisante et inquiète du Mal (les soeurs Brontë). Sans le syncrétisme entre la foi et les résurgences païennes ou platoniciennes (le romantisme est à bien des égards un mélange de piétisme et d'occultisme panthéiste).

Cette négativité doit bien être vue comme une sortie du revivalisme ; elle n'est pas comprise dans le geste réformateur initial, dépendant du Sola Fide et du Sola scriptura. 

Tiré du blog Jean Calvin

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17 février 2015

Le Centre de Villemétrie

Villemétrie est une création de l’après-guerre, parallèle à celle de nombreux mouvements et associations (d’adultes, de jeunes), de communautés, de publications se posant des questions sur le monde et l’engagement, tentant de répondre aux questions posées par ces bouleversements. Le Centre de Villemétrie est une de ces initiatives qui, sous diverses formes, a joué un rôle actif, stimulé par la décision prise en 1960 par le Conseil de la Fédération protestante de France de permettre à toutes ces associations de devenir membre de la FPF.

La fondation, en 1954, à Villemétrie près de Senlis.

Villemétrie est le nom d’un village. C’est aussi un organisme protestant d’étude et de recherche : le résultat de la rencontre entre une famille de notables protestants engagés, les Boissonnas, et un pasteur non conformiste et rayonnant, André de Robert, remarquable d’abord par son expérience d’évangélisation dans le sud de la France, avant et après guerre, par ses cheminements sur les routes au service de la paix : une expérience fondée sur la lecture de la Bible. Rémi Boissonnas propose sa maison située près de Senlis pour la réalisation d’un projet : faire de ce lieu un centre d’accueil, de rencontres et de retraite spirituelle ; réfléchir aux « exigences de la foi évangélique aux prises avec les conditions de vie et les structures du monde moderne». Jean Bosc s’associe à ce projet (il est professeur de dogmatique à la Faculté de théologie, créateur des Associations professionnelles protestantes) ; il conçoit l’évangélisation du côté de la profession : comment professer ma foi dans mon métier ? Est-on chrétien dans sa profession ? Est-ce que je parle de Jésus à mes collègues de travail ? Comment parler de la foi dans un contexte où elle n’a aucune place ? Difficiles questions. Une autre surgit, née du contexte : qu’avons-nous fait ou que n’avons-nous pas fait de notre foi pendant la guerre ?

Une équipe permanente d’accompagnement se constitue autour d’André de Robert (ce sont les « équipiers »), avec une vie liturgique quotidienne et des moments de réflexion communautaire. A Villemétrie, la réflexion est insérée dans un temps liturgique. Sont accueillis des laïcs engagés dans l’Eglise et exerçant des activités professionnelles de divers ordres. Présence au monde et témoignage[1].

Les questions initiales ont été constamment posées dans l’histoire de Villemétrie mais elles se sont enrichies et se sont intégrées dans l’histoire et dans la préoccupation du long terme.

Dans les années 60 : Orgemont au nord d’Etampes (1960-1969)

Les frères Boissonnas achètent pour Villemétrie la maison d’Orgemont. Rencontres, travail, retraites, perspectives œcuménique : une activité intense se déploie dont témoignent les Cahiers de Villemétrieet une Lettre mensuelle envoyée aux nombreux adhérents (jusqu’à 700).

  • Le nouveau lieu ouvre des possibilités plus vastes d’hébergement. Il y a notamment des réunions professionnelles : artistes du spectacle, architectes, physiciens, journalistes…
  • C’est un lieu de formation (pour les proposants, pour des études bibliques, pour une réflexion sur les problèmes d’actualité).
  • Orgemont abrite les traducteurs de la TOB (traduction achevée en 1975), avec notamment Georges Casalis et le Père Refoulé. La traduction commence par l’épitre aux Romains, démarche significative si l’on songe que c’est par là que Luther a commencé sa traduction de la Bible tout en interpellant, les pouvoirs politiques. De même, Karl Barth a écrit son commentaire de l’Epitre aux Romains en 1917, interrogeant les motifs profonds de la Grande Guerre. Des sessions de travail biblique et théologique attirent un large public dont les Cahiers gardent des traces.
  • Le plan de quatre ans (janvier 64) : « Une expérience de confrontation de l’Evangile et de l’homme d’aujourd’hui dans son travail d’homme ». Villemétrie engage, avec les paroisses de la région parisienne, une réflexion sur les responsabilités chrétiennes dans le monde présent. Il s’agit de prendre au sérieux cette parole de l’évangile de Jean : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Nous sommes les témoins et les instruments d’une intention de Dieu. Cela n’implique pas nécessairement de partir sur les routes, comme l’ont fait quelques-uns après la guerre. « Chacun de nous est envoyé à la place de ses occupations er par conséquent il n’y est pas n’importe comment. ». Une Lettre de Villemétrie engage l’Eglise à être plus qu’un auditoire : à devenir non seulement auditeur mais aussi fabricateur de la Parole. Entrer dans le travail de l’Eglise, ce n’est pas se contenter de « donner un coup de chapeau ». Il s’agit de garder cette parole de l’évangile comme parole de vérité, de prendre au sérieux cet appel, de le reconnaître, même si on ne sait pas comment y répondre… Nous sommes là et nous sommes « envoyés ». Comment prendre au sérieux cette vocation ? Quatre pistes sont proposées : 1. Garder le contact avec la Parole de Dieu. 2. Contrôler sa manière de posséder, en particulier l’argent : être un bon gérant de ce que l’on s’est vu confier. 3. Préciser sa participation à Villemétrie ; pour en devenir véritablement acteur. 4. Contrôler, par exemple par une conversation avec un ami, l’application des points précédents.
  • Un questionnaire est envoyé aux paroisses. La démarche du Plan de quatre ans ne rencontre qu’une audience limitée. Son résultat est décevant : difficile sans doute de mobiliser des paroissiens très divers sur des questions en cours d’élaboration. Mais il a permis des confrontations  (par exemple une rencontre sur le thème « Vérité et efficacité »). Il a été aussi l’occasion de créer des liens avec l’Eglise réformée de France.

1968. Fin d’Orgemont. Un « Congrès commun » (à toutes les associations évoquées plus haut) a eu lieu en 65 à Taizé. Des Cahiers évoquent les questions portées par Mai 68. Villemétrie est à la source d’un foisonnement d’idées et d’initiatives. Des projets de développement sans doute un peu pharaoniques sont en cours, que les frères Boissonnas renoncent finalement à financer. Villemétrie s’installe à Montsouris, dans un immeuble appartenant à la Fédé[2]. André de Robert démissionne au moment du déménagement.

 Ce changement de lieu a-t-il correspondu à un changement d’orientations ? C’est une interrogation. Là encore, le contexte joue un rôle : le procès d’Eichmann en 1961, la guerre des six jours en 1967, la prise de conscience de plus en plus précise de ce que fut la 2nde guerre mondiale, avec les questions qu’elle pose sur la responsabilité et qui sont posées de génération à génération (un des fondements du mouvement de mai). Cependant les questions initiales demeurent. Le maintien du nom « Villemétrie » marque cette volonté de fidélité à l’intention première. Mais le Centre s’oriente vers une réflexion continue d’éthique politique.

1970-1980, Villemétrie au Centre Montsouris.

En 1970, le Conseil de la FPF approuve et publie Eglise et pouvoirs, un document rédigé par un groupe présidé par Claude Gruson, membre actif de Villemétrie. Le Monde résume la thèse sous un titre choc en première page : « Le Conseil de la Fédération protestante de France déclare que la société est inacceptable ». P. Cabanel dit des initiateurs de ce texte qu’ils « n’ont jamais pu trancher entre réforme et révolution ». Il ne voit pas l’exposé très ouvert et la source d’interpellation à reprendre : qu’est-ce qu’une décision politique ?

En novembre 1971, est organisé un colloque intitulé Figures et idoles de l’espérance : ce titre dit bien les doutes que fait naître l’idée d’un progrès continu et linéaire sur le mode des « trente glorieuses ». Les débats concernent les perspectives démocratiques et les injustices sociales. La question du premier Villemétrie est reprise : celle de la fidélité à l’Evangile. Elle exige d’être attentif aux multiples transformations de la vie civile ; de construire un espace de dialogue entre les acteurs sociaux ; de faire advenir et formuler les problèmes de ce temps. Le terme de « lecteur d’Evangile » permet d’accueillir une réflexion collective très large. La dimension éthique est là pour montrer qu’il n’y a pas de rationalité unique, pas de solution unique (du type « faisons ça et tout ira bien »). Il faut une confrontation constante avec la complexité : on part du village du Tarn et on arrive à l’Europe. L’horizon s’épaissit et s’affine. La question du rapport à l’Autre et du rapport social est posée avec les contributions de Ricœur, de Levinas.

En 1983, est publié L’Appel aux hommes et aux femmes d’espérance, texte traduit en anglais et en allemand. Ce document - longuement travaillé - est signé d’une quarantaine de personnes venues d’horizons divers (pas forcément protestants ni même croyants) et présenté par deux évêques et Jacques Maury, président de la FPF. Il ne s’agit pas là d’un texte officiel des Eglises, mais ces responsables affirment leur soutien à ce « refus de capituler devant les déterminismes incontrôlés qui paraissent entraîner l’humanité contemporaine dans une course vers le chaos. » C’est un appel à une démarche collective ; l’affirmation qu’il faut inventer quelque chose parce qu’« aucune recette inspirée du passé ne maîtrisera » le renouvellement technico-économique et la mutation profonde qu’on est en train de vivre.

Au cœur de ce document est pointée la notion de « structure lourde » : une structure dont la création, l’adaptation ou la suppression sont lentes et coûteuses, difficilement réversibles ; elles exigent une vigilance constamment entretenue, une quête constante des faits qui la révèlent et des projets novateurs, un effort permanent de compréhension des interdépendances : ainsi en est-il par exemple de la production agricole, du système d’enseignement, de la politique énergétique, des industries d’armement….Ces structures façonnent l’avenir.

En 1986, est organisé un nouveau colloque dont le contenu est publié sous le titre Vers une éthique politique, L’éthique face à l’ingouvernabilité du monde actuel.[3] Les contributions mettent en évidence la puissance incontrôlée du dynamisme scientifique et technique et l’inadaptation d’une organisation économique imposant la « tyrannie productiviste » : d’immenses efforts sont exigés pour un monde qui se caractérise pourtant par son injustice et sa violence. Le texte introductif évoque les types d’analyse dont Villemétrie se démarque : 1. Tout ceci procède de l’évolution du vivant qui exige que chacun s’adapte. 2. La confiance donnée à la concurrence créatrice : il faut s’en remettre aux entrepreneurs, à leur imagination et à leur savoir-faire. 3. Le refus de toute prétention jugée démiurgique : limitons notre éthique à l’environnement immédiat. 4. Le constat de l’impuissance des acteurs que nous sommes dans un processus qui nous dépasse, lié à la guerre froide. Les participants du colloque, venus de divers horizons européens, « refusent de se plier à ce qui peut apparaître dans l’immédiat comme une fatalité. »

  • Qui est le NOUS de cette déclaration commune ? Un collectif de recherche, dont la démarche est inspirée par l’Evangile, dans un « effort qui s’impose impérativement à quiconque se regarde lui-même comme un acteur responsable au sein d’une histoire ». Ensemble, ils poursuivent un travailinterdisciplinaire en dialogue constant et avec des ramifications européennes. L’effort demandé en premier lieu est celui de la lucidité, « effort permanent qui n’est pas à la portée de l’homme isolé […] impossible en l’absence d’une organisation collective. » Une confrontation des analyses est nécessaire. En témoignent les cahiers de leurs réunions : tous les débats sont transcrits à la lettre pour constituer un outil de travail. Un souci s’y révèle de mettre en évidence les points d’accord comme les seuils d’incompréhension, d’autant plus difficiles à dépasser qu’ils émanent de gens de bonne volonté.

Une histoire dont il importe d’écrire les pages qui la poursuivent ?

Texte écrit par Claire GRUSON- 17 janvier 2015 (Blog Surlaterrecommeauciel)

 

[1] C’est l’époque des prêtres ouvriers (dont on se souvient qu’ils ont reçu un coup de crosse de la part du pape Pie XII).

[2] Fédération française des associations chrétiennes d’étudiants (FFACE).

[3] Sous la responsabilité de Gérard Markhoff, Editions de la Maison des Sciences de l’Homme, 1987.

 

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23 octobre 2014

Huldrych Zwingli

HULDRYCH ZWINGLI (1484-1531)

 

Le fondateur du courant réformé

  • Ulrich Zwingli (1484-1531) Zwingli (1484-1531) © Musée de la Réformation Genève

Né à Wildhaus, dans le canton de Saint-Gall en Suisse,  Zwingli fait de solides études universitaires. Il se rattache au courant de l’humanisme et, grâce à l’édition d’Érasme, étudie le Nouveau Testament en grec. Il lit aussi l’Ancien Testament en hébreu.

Il est successivement curé d’une paroisse de campagne, dans un lieu de pèlerinage, et aumônier militaire des troupes suisses engagées dans les guerres d’Italie.

En 1519, il devient curé de Zurich. Il entreprend de réformer la ville ; les autorités politiques de Zurich se rallient progressivement à ses vues et prennent sa défense contre l’évêque de Constance. Sa Réforme s’étend à Bâle et à Berne, et le réformateur Guillaume Farel la répand en Suisse romande.

Zwingli meurt en 1531 à la bataille de Kappel, où il est aumônier des troupes de Zurich dans un conflit qui oppose six cantons qui ont opté pour la Réforme à cinq qui entendent rester catholiques.

Comprendre la Bible

Zwingli, en étudiant l’Ancien et le Nouveau Testament, prend conscience que la doctrine et la pratique de l’Église s’écartent souvent de ce que dit la Bible, et parfois la contredisent. Les écrits de Luther le confortent dans cette conviction, mais alors que la préoccupation centrale de Luther est le salut, celle de Zwingli est la juste compréhension et la juste application des enseignements de la Bible. À Zurich, il développe des études bibliques qui comparent les textes originaux avec les diverses traductions. En 1523, il rédige Soixante-sept thèses, et obtient du conseil de la ville l’autorisation de prêcher sur la seule base des Écritures.

La réforme à Zurich

Zwingli réorganise l’Église, s’occupe de la formation des pasteurs (on appelle ainsi les ministres du culte réformé à la suite d’une prédication de Zwingli, en 1523, sur « le berger » ; rappelons que pasteur veut dire berger).

Zwingli ne veut pas d’une Église coupée de la société : il y a pour lui non pas identité mais interférence entre communauté ecclésiastique et société civile. Ce qui le conduit à lutter, au nom de l’Evangile, contre les abus socio-politiques. Certains de ses premiers partisans souhaitent une coupure radicale entre la Cité et l’Église : ils se séparent de Zwingli et sont à l’origine du mouvement anabaptiste (qui refuse le baptême des enfants). Soupçonnés d’être de dangereux anarchistes, ils seront abominablement persécutés à travers toute l’Europe et notamment à Zurich où certains sont noyés dans le lac.

Luther et Zwingli

  • Signatures des Réformateurs (oct 1529)Signatures des Réformateurs (oct 1529) © In Martin Luther par Peter Manns

Luther et Zwingli se retrouvent à Marburg en 1529. La rencontre est organisée par le prince Philippe de Hesse qui souhaite une alliance entre les divers mouvements de Réforme. Ils rédigent un texte en quatorze points Sur les treize premiers l’accord est total, par contre sur le quatorzième, qui concerne la Cène, les deux Réformateurs s’opposent, et l’affrontement très dur empêchera toute entente.

Pour Luther, le pain et le vin de la Cène contiennent et portent la présence du Christ. Pour Zwingli, le Christ est présent spirituellement (grâce à l’action de l’Esprit) dans la vie, le cœur et l’esprit des croyants. En prenant la Cène ils expriment cette présence, ils en rendent témoignage publiquement. Pour Luther, le pain et le vin sont les instruments de la présence du Christ, pour Zwingli ils en sont les signes.

De Zwingli à Calvin

Calvin n’a pas connu ni lu, semble-t-il, Zwingli. Il en subit, pourtant, l’influence par l’intermédiaire de Farel et de Bullinger (le successeur de Zwingli à Zurich, avec lequel il signera en 1549 le Consensus Tigurinus (« l’accord de Zurich ») qui unifie le courant réformé.

Plusieurs thèses de Zwingli se retrouvent chez Calvin : la souveraineté absolue de Dieu ; l’importance de la Bible et de l’action de l’Esprit dans les cœurs et les esprits ; laprédestination ; le rejet de la présence matérielle de Christ dans le pain et le vin de la Cène.

 

Musée virtuel du protestantisme

 

LA CÈNE chez Zwingli

On vous a beaucoup reproché de faire de la Cène une célébration vide, une sorte de cérémonie du souvenir où le Christ n'est pas présent.

  Il s'agit d'une calomnie. J'ai seulement dit et je maintiens que le Christ n'est pas présent dans le pain et dans le vin. Cette croyance superstitieuse, beaucoup trop répandue, fait du sacrement un acte de magie. Par contre, il vient et entre dans nos cœurs, dans nos esprits, dans nos existences. Le corps du Christ, ce n'est pas le pain, mais l'assemblée des fidèles; ils sont transsubstantiés par l'action de l'Esprit agissant en eux.

Cela se passe quand ils prennent la Cène ?

Non, le Christ se trouve présent en eux avant qu'ils ne reçoivent le sacrement. C'est l'Esprit qui rend le Christ présent, non un rite ou un bout de pain. L'Esprit ne dépend pas des cérémonies. Il n'a pas besoin des sacrements pour nous atteindre. Bien au contraire, les sacrements ont besoin de l'Esprit pour être vrais. L'Esprit leur donne du sens et de la valeur; ils n'en ont pas par eux-mêmes.

Mais pourquoi alors des sacrements ? Ne sont-ils pas inutiles pour les vrais croyants ?

Le sacrement relève du témoignage. En le prenant, le croyant déclare publiquement, au su et au vu de tous, ce que le Christ a fait pour lui, ce que le Christ représente dans sa vie. La foi ne peut pas rester intérieure et secrète; elle doit se manifester ouvertement, s'exprimer. Si je suis croyant, il me faut le dire au monde et à mes frères en Christ; il me faut me déclarer publiquement serviteur et soldat du Christ. Voilà ce à quoi sert le sacrement, voilà pourquoi il est nécessaire.

Le sacrement sert à rendre visible la foi ?

Exactement. J'appartiens à l'Église invisible parce que l'Esprit a fait naître, a suscité dans mon cœur la foi. Mais une Église qui reste invisible ne serait pas une vraie Église. Il lui faut devenir visible, se faire voir pour témoigner du Christ et le servir. Le sacrement fait passer de la foi personnelle et intime à la vie communautaire.

Doit-on célébrer souvent la Cène ?

On doit la célébrer régulièrement, mais pas trop souvent. En tout cas, pas tous les dimanches; je suggère quatre fois par an, cela me paraît un bon rythme.

Pourquoi pas plus souvent ?

Permettez-moi une comparaison pour le faire comprendre. Un peuple a besoin de temps à autres de grandes célébrations pour marquer son unité. Il prend ainsi conscience de former un ensemble; chacun se rappelle qu'il appartient à une communauté de concitoyens. Pour que ces célébrations remplissent leur rôle, il ne faut pas en faire trop souvent. Une fois par an, la fête nationale a un certain éclat et de l'effet; si elle avait lieu chaque semaine, elle deviendrait insignifiante. De la même manière, des amis se réunissent de temps en temps pour un banquet qui scelle et manifeste leur amitié. S'ils organisent, un repas ensemble tous les jours, il ne sera plus un moment fort et significatif de leur amitié. Ou encore, je ne célèbre pas chaque semaine le jour de naissance de mes enfants, mais chaque année; ce qui permet d'en faire une vraie fête.

Il en va exactement de même chose pour la Cène. Elle manifeste la réalité de l'Église, du peuple de Dieu à la fois pour ceux qui en font partie, les croyants, et pour ceux qui n'en font pas partie, les non-croyants. Pour qu'elle remplisse bien cette fonction de manifestation publique, il faut qu'elle reste un événement marquant. Quand on la célèbre chaque semaine, on la prive de son sens, ou on en fait une superstition. Par contre, notre foi personnelle a besoin d'être nourrie chaque jour et chaque semaine par l'écoute de la parole de Dieu : nous avons besoin de cultes et d'études bibliques très fréquentes, comme nous avons besoin de repas quotidiens pour nos corps.

 

Interview imaginaire  par André Gounelle, Le Christianisme au vingtième siècle, n° 289, 19 janvier 1991

 

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03 octobre 2014

Les Amish

 

Pour approfondir ce qui a été dit sur les amish le 25 juin 2014, un livre à consulter :

Donald B. Kraybill, Les Amish : une énigme pour le monde moderne, 2004, Editions Excelsis, (Perspectives anabaptistes)

 Une énigme a présidé à la rédaction de ce livre, qui dresse le portrait de la culture amish et retrace le voyage fascinant de ce groupe dans le contexte de la société contemporaine : comment une population chargée de traditions parvient-elle à s’épanouir à une époque moderne ?

Ce qui pourrait faire sourire certains, en dérouter d’autres, ne manquera pas d’interpeller le lecteur attentif : la logique suivie par les amish a le mérite de poser toute une série de questions sur notre acceptation quasi aveugle des évolutions techniques de notre société. Ainsi, si l’ensemble de la population mondiale atteignait le niveau de vie occidental, les conséquences écologiques en seraient énormes, voire désastreuses. Nous serons obligés un jour de mieux gérer notre « vivre-ensemble », et alors les amish pourraient nous paraître moins originaux et plus crédibles.

Leur non-violence pourrait aussi nous aider à comprendre que les convictions religieuses ne sont pas automatiquement source de conflit et de violence et qu’elles peuvent produire des attitudes et des pratiques qui contribuent à la paix et au partage économique.

Leur « refus » de la modernité, choquant pour beaucoup, suggère, du moins implicitement, que notre « progrès » ne nous donne pas toujours ce qu’il promet. Notre société technique et « libre » peut aussi produire, et produit, son lot de violences, de conformisme et d’injustice. Elle peut détruire les liens sociaux et familiaux nécessaires au bien-être de tous.

Ce livre nous ouvre à un autre monde. Saurons-nous en saisir la pertinence ?

Le sociologue Donald Kraybill, auteur de nombreux ouvrages sur les mouvements religieux non-conformistes, est professeur à l’Université d’Elizabethtown en Pennsylvanie (États-Unis) et chercheur au Young Center for Anabaptist and Pietist Studies.

Table des matières :

  • Préface à l’édition française
  • Préface à l’édition américaine
  1. L’histoire des amish
  2. La trame de la culture amish
  3. Symboles d’intégration et de séparation
  4. L’architecture sociale de la société amish
  5. Rites de rédemption et de purification
  6. Enchères, séances récréatives et bandes
  7. Transmettre la foi
  8. Les énigmes de la technologie
  9. Mettre la force du progrès à son service
  10. La transformation du travail amish
  11. Gérer les relations publiques
  12. Contrôler le changement social
  13. Nos énigmes communes
  • Annexes
    • Procédures de recherche
    • Estimations de la population du groupement des amish du Vieil
    • Ordre du comté de Lancaster (1880–2010)
    • Estimations de population amish (Vieil Ordre et Nouvel Ordre) par État et province en Amérique du Nord
    • Groupements issus du groupement du comté de Lancaster (1940–2000)
    • Textes bibliques pour les cultes de l’Église amish dans le groupement de Lancaster
  • Remerciements
  • Bibliographie
    1. Références bibliographiques en français sur les amish
    2. Articles de Robert Baecher sur l’anabaptisme aux XVIIe siècle
    3. Bibliographie générale de l’ouvrage
  • Index thématique
  • Index des auteurs
  • Crédits photos

 

 

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